Aoste, fouilles de l’hôpital

Des sondages exploratoires réalisés en 2011 avaient mis en lumière des locaux souterrains appartenant à des bâtiments médiévaux situés à proximité de l’avenue de Genève actuelle, alors que, dans le secteur oriental de cette zone, des terrains agricoles superposés présentaient des traces de labourage allant de l’âge préhistorique à l’époque romaine. Ces résultats ont été le point de départ d’une étude qui a permis de définir un plan du potentiel archéologique de cette aire. Ce plan a servi de base à la conception des fouilles avec assistance archéologique en cours de réalisation et a permis d’en évaluer l’ampleur.
Le 18 mai 2015, les opérations relevant de l’archéologie préventive relatives à cette première phase des travaux arriveront à leur terme.

 

LA TOMBE DU GUERRIER
Au centre du tumulus, sous une couverture de dalles qui se sont effondrées de façon homogène, l’on a découvert, en février 2015, une sépulture qui, au vu de son contenu, pourrait dater de la période de Hallstatt C, voire vraisemblablement d’une phase avancée de celle-ci.
Le corps de l’homme qui y fut enterré s’est décomposé dans un espace vide. À son côté, quelques objets, dont une épée en fer - probablement de type Gündlingen - ainsi que les parties terminales en bronze du fourreau de celle-ci (bouterolle et chape). D’autres petits objets en bronze ont été retrouvés autour du corps, dont une fibule. Le sol de la chambre est recouvert de dalles, dont on ignore encore la fonction et l’origine.

 

 

CERCLES DE PIERRES ET TUMULUS DU PREMIER ÂGE DU FER
Le démontage contrôlé du « mur » curviligne orienté est-ouest a mis en évidence, aux mois de décembre 2014 et janvier 2015, un cercle de pierres de grandes dimensions qui, d’après les données stratigraphiques, semblerait remonter au premier âge du fer. Celui-ci est composé de 25 éléments plantés verticalement dans le terrain, d’une hauteur comprise entre 0,80 m et 1,50 m. Ça et là, des foyers de petites dimensions ont été découverts, à proximité des pierres et au même niveau que le cercle en question.
Dans la partie sud-est du chantier, à l’extérieur du cercle principal, un tumulus en pierres sèches de 16 m de diamètre environ, a récemment été mise au jour. Des éléments de grandes dimensions, placés de manière assez régulière, en forment le périmètre extérieur, alors que sa zone centrale est caractérisée par une concentration inégale des pierres, selon les endroits. Les liens de cette structure avec le cercle principal n’ont pas encore étéétablis, mais il semble probable que l’une et l’autre aient été réalisées à la même époque.

 

 

SUR LA ROUTE DE L’ALPIS PŒNINA
Le long du bord ouest du chantier, à côté de l’actuelle avenue de Genève, aux mois de juillet et d’août 2014, des sépultures de l’époque romaine ont été découvertes dans un enclos en maçonnerie (crémations) à mettre en relation avec une grande fosse riche en restes de bois brûlé, située plus au sud.
D’autres sépultures de la période de l’antiquité tardive (inhumations), placées à proximité des précédentes, attestent la continuité de la fonction funéraire de cette zone, située à l’extérieur de la Porta Principalis sinistra, près de la via publica menant au col du Grand-Saint-Bernard (Alpis Pœnina).
Vers le milieu de la zone centrale – au-dessous d’un niveau d’éboulement, dont les fouilles ont permis d’établir que c’était celui des activités de l’époque romaine – des parties d’une structure en maçonnerie plus ou moins bien conservées ont été mises au jour. Ce « mur », orienté est-ouest, suit un tracé courbe, avec une hauteur variable de 1 m à 1,50 m et une épaisseur irrégulière. La partie supérieure de la structure présente des pierres, vraisemblablement récupérées au cours de travaux agricoles pour lesquels les terrains environnants durent être bonifiés.
La structure ainsi décrite est peut-être encore reconnaissable en partie lorsque l’on examine une tombe à inhumation, située au sud de celle-ci et partiellement coupée par un bâtiment médiéval. Ladite tombe contenait un mobilier funéraire remontant à la fin du IIIe ou au milieu du IIe siècle av. J.-C.
Dans la zone est, l’avancement des fouilles a permis de retrouver, à un niveau précis, les traces d’activités agricoles et de canalisations, ainsi que des éléments en pierre plantés dans le sol, à une distance assez régulière, qui suivaient le même tracé courbe que le mur en pierre construit par la suite.

 

 

LES TRACES DES SALASSES
Dans la zone où se situait le complexe sportif CONI, aujourd’hui démoli, les fouilles du juin 2014 ont permis de mettre au jour une série de niveaux d’occupation du sol qui témoignent d’une activité agricole. Sur la dernière de ces terrasses, une série d’empreintes sont visibles, notamment celles de deux personnes adultes et d’un enfant, ainsi que de nombreuses traces animales. L’analyse stratigraphique a permis de déterminer qu’elles remontent au deuxième âge du fer (du Ve au Ier siècle av. J.-C.) et, donc, à l’époque des premiers habitants de la plaine d’Aoste, les Salasses.
La réalisation de moulages et de relevés tridimensionnels, qui feront l’objet d’une exposition ouverte au public, permettra la reproduction de ces précieux témoignages du passé.

 

 

UN CIMETIÈRE CITOYEN
En mai 2014 cette intervention a mis au jour de nombreuses tombes et les restes de chapelles funéraires privées de l’ancien cimetière, qui fut utilisé de la fin du XIXe siècle à 1937.
À l’angle sud-ouest de cette aire, à proximité de l’avenue de Genève, se trouvent les vestiges de la chapelle de Saint-Jean-de-Rumeyran, mentionnée dans d’anciens documents. Son existence est attestée depuis l’époque médiévale - au moins depuis le XIIe siècle -, mais les structures découvertes au cours des fouilles remontent à une reconstruction effectuée en 1905.
Autour de ce bâtiment se trouvaient peut-être plusieurs anciens cimetières, avec des sépultures remontant à une phase médiévale liée à un ancien hôpital ; il est très probable qu’au cours des prochaines semaines les vestiges de ces structures soient retrouvés.

 



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