Marché du travail

Entre 2008 et 2019, le niveau moyen de l’emploi en Vallée d’Aoste a connu une baisse (-2,6 %), alors que la participation au marché du travail a augmenté (+0,7 %). Ces deux tendances, ainsi que le ralentissement de l’économie ont ensuite déterminé, vers la fin de l’année 2019, un accroissement important du chômage par rapport à 2008.

 

En particulier, l’on observe en 2019 ce niveau des principaux indicateurs du marché du travail : le taux d’activité augmente (73,2 %), le taux d’emploi est 68,4 % et, enfin, le taux de chômage baisse sa valeur à 6,5% par rapport à 2018 (7,1 %).

Il s’agit de tendances relativement nouvelles pour la Vallée d’Aoste qui, depuis plusieurs années, n’avait pas connu de tensions sur l’emploi si importantes. Malgré le caractère exceptionnel des tendances négatives, la Vallée d’Aoste conserve sa position parmi les régions italiennes où le taux d’emploi est le plus élevé, alors qu’elle est placée dans les niveaux bas pour ce qui est du taux de chômage.

Ces données nous permettent d’affirmer que non seulement la crise n’est pas spécifique à la Vallée d’Aoste, mais qu’elle a frappé le marché du travail valdôtain pratiquement avec la même intensité que celle que l’on observe dans les autres réalités de l’Italie Nord-occidentale.

La crise a produit ou accéléré d’importantes modifications sur le marché du travail régional, dans la mesure où elle en a affecté les diverses composantes de manière totalement différente.

En tout premier lieu, le processus de tertiarisation de l’emploi s’est renforcé. De fait, au cours de la période considérée (2008-2019), le nombre d’emplois a chuté dans le secteur industriel, tandis qu’il augmentait dans le secteur tertiaire jusqu'au 2011, suivi par une phase fluctuante (maximum d’occupés en 2018, minimum en 2012 et 2013) ; en 2019 il y a eu une baisse par rapport à 2018.

Au cours de la période 2008-2019 la divergence de ces deux tendances a fait que les emplois du secteur tertiaire ont progressé d’environ 6 points en pourcentage, pour atteindre 76 %, tandis que dans l’industrie, ils se sont contractés presque au même rythme, arrivant à 21 %. Et puisque, comme chacun sait, les emplois féminins sont largement concentrés dans le secteur tertiaire, cette dynamique a aussi contribuéà relancer la croissance de l’emploi féminin (+5,4 %), face à une contraction de l’emploi masculin, ce qui a contribuéà renforcer le processus de féminisation de l’emploi régional. Durant ce laps de temps, en effet, le taux de féminisation de l’emploi, qui était déjà l’un des plus élevés d’Italie, est passé de 43,2 %, à 46,7 %.

Il faut ajouter à cela que l'augmentation du travail salarié correspond à une nette baisse du travail indépendant (-14,7 %), si l'on considère la période 2008-2019.

La contraction du nombre d’emplois disponibles dans le secteur public constitue certainement une modification importante du marché du travail régional. En effet, les politiques de réduction des dépenses publiques ont sensiblement réduit le nombre des postes à pourvoir dans le secteur public et celui des emplois induits, et ce, en raison tant du plafonnement du remplacement des départs à la retraite, que des modifications de la législation en matière administrative et financière. Rappelons à ce propos qu’entre 2008 et 2011, le nombre des personnels employés par l’Administration régionale et par les collectivités locales de la Vallée d’Aoste (Communes et Communautés de montagne) a nettement diminué (-6,9 %), en sus du fait bien connu que l’administration publique a beaucoup moins recours à des personnels sous contrat de droit privé.

Les données reflétant les plus grands changements concernent la décomposition des tendances en matière d’emploi selon le genre et la croissance de l’offre de travail, dans un contexte caractérisé par la baisse des volumes d’emploi et le gel des départs à la retraite.

Pour ce qui est du premier point, nous pouvons tranquillement affirmer que les dynamiques des cinq dernières années ont contribuéà réduire les inégalités entre les genres, élément positif sans aucun doute, mais qui va à l’encontre du fait que la crise a frappé essentiellement les emplois masculins. Pour ce qui est des hommes, en effet, tous les indicateurs ont plongé et l’on constate que la différence en termes de postes de travail perdus correspond à la perte des emplois masculins, tout comme environ deux tiers de la progression du chômage. Dès 2012, et pour la première fois depuis 2004, le taux de chômage masculin a dépassé le taux de chômage féminin et, ces trois dernières années, il y a eu, en absolu, moins de chômeuses que de chômeurs. À partir de 2018, au contraire, le taux de chômage féminin a de nouveau dépassé le taux de chômage masculin, arrivant en 2019 à 7,3 % (taux masculin à 5,8 %).

 

 

 

Il convient de préciser que l’ISTAT a modifié la composition de certaines des agrégations de données fournies : il n’a donc pas été possible de mettre à jour tous les tableaux ci-dessous (et qui sont donc mis à jour en fonction des dernières données disponibles).

 



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