2019 - Saint-Marcel, Étéley

La découverte fortuite du site du hameau d’Étéley, à 1725 m d’altitude dans la commune de Saint-Marcel, date de l’automne 2012 quand - grâce au signalement de Giorgio Cesti et de Paolo Castello - la Surintendance régionale a pu mettre en œuvre une première intervention de sauvegarde et de documentation. Cependant, il ne lui a pas été possible de poursuivre ses enquêtes sur les vestiges des murs et des revêtements de sol de ce site, qui se présentait comme une zone occupée par des structures murales et des sols de circulation remontant sans aucun doute possible à l’époque romaine.

Grâce à l’opportunité offerte par le projet INTERREG S.O.N.O., la collaboration active entre les bureaux communaux et régionaux a permis de programmer et de réaliser, durant l’été 2019, une première campagne de fouilles pour étudier le site découvert sept ans plus tôt, ce qui a consenti, entre 2019 et 2020, de vérifier certaines des hypothèses émises et d’en énoncer de nouvelles, à la lumière des informations les plus récentes.

Les enquêtes ont mis au jour les vestiges d’un grand corps de bâtiment édifié en plusieurs phases, c’est-à-dire dont la planimétrie a été définie - à la suite d’ajouts ou de modifications - au cours de plusieurs siècles, à partir du Ier siècle après J.-C. au moins, si ce n’est avant. Parmi les particularités que présente cet édifice, situé sur les bords d’un plateau en surplomb sur la vallée et légèrement au-delà de l’entrée de la « réserve Turati », l’on peut signaler une petite pièce avec chauffage au sol : un foyer en sous-sol (praefurnium) diffusait la chaleur dans un vide sanitaire sous le revêtement de sol (chambre à chauffer ou hypocaustum) ; il était réalisé en briques modulaires soutenues par de petits piliers en briques carrées (suspensurae).

L’attention au confort des occupants et la qualité des finitions des pièces qui composent le bâtiment, pour ce qui est tant des sols de circulation (en matériel alliant la terre cuite et la chaux) que des murs, sont remarquables pour plusieurs raisons : d’une part, elles révèlent que ce corps de bâtiment était une partie résidentielle de l’ensemble, c’est-à-dire une zone qui n’était pas liée aux activités productives du site et, d’autre part, elles sont étonnantes dans un lieu situé si loin du fond de la vallée et d’Augusta Praetoria.

Si ces structures permettent donc d’identifier un complexe d’une très grande qualité formelle, le lien dudit complexe avec l’activité d’extraction reste à démontrer. La découverte de nombreuses strates épaisses de scories, spécialement sous les sols de circulation et les fondations des murs - comme si l’on avait voulu construire un niveau de drainage pour les volumes en maçonnerie - confirme la présence d’activités métallo-techniques dans les alentours, mais rien ne permet de relier définitivement le bâtiment étudié à celles-ci. Au contraire, les structures fouillées évoquent davantage la fonction résidentielle du complexe, qui était certainement l’habitation du propriétaire des activités réalisées sur le site.

Il convient de préciser que certains des sondages d’exploration effectués en marge des fouilles principales ont confirmé l’importance du site et que les structures « secondaires » - c’est-à-dire celles qui n’apparaissent pas comme clairement résidentielles - ne sont pas caractérisées par la même qualité d’exécution, ce qui n’enlève rien aux caractéristiques extraordinaires de ce complexe d’une grande qualité formelle dans un site si particulier, du fait de son type et de l’altitude à laquelle il se trouve.

Même si le bâtiment est encore en cours d’étude, les matériaux qui y ont été découverts permettent de situer son exploitation, ainsi que son occupation entre le Ier et le Ive siècle après J.-C. : la mise au jour de structures probablement antérieures au premier grand corps de bâtiment, ainsi que de matériaux préromains et indigènes, nous permet cependant de situer plus tard le début de l’exploitation minière du site.

 

 

 

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