Programme de Législature 2020-2025

Le renforcement de l’autonomie valdôtaine est – et demeure –l’un des axes porteurs de tout projet de gouvernement de la Vallée d’Aoste et repose sur la valorisation de nos particularités, mais surtout sur la mise en valeur, au niveau tant local que national, de toutes les prérogatives de notre Statut spécial. 

Nous devons aborder le problème de la stabilité du gouvernement par une réforme de la loi électorale, qui tienne compte des résultats des travaux effectués à cet égard au cours de la législature précédente et, notamment, au sein de la sous-commission de la Première commission, par des mécanismes assurant des majorités certaines et stables. Dans ce cadre, il faut aussi résoudre la question de la préférence de genre, en abordant le thème des préférences sans abolir ces procédures – comme les centres de dépouillement centralisé– qui garantissent le secret absolu du vote, et sans exclure des approfondissements en matière de vote électronique.

Il faut aussi renouer le dialogue avec le Gouvernement national, pour que la Commission paritaire soit pleinement opérationnelle, et avec le Parlement sur le thème délicat de l’accord préalable pour commencer sereinement une saison de révision du Statut spécial. 

Pour ce qui est des frais relatifs aux organismes électifs, la sobriété est importante et doit faire l’objet d’une réflexion de tout le Conseil. Une première mesure peut être la mise au même niveau des rémunérations du Président du Conseil et de celles des Assesseurs. 

Après deux années de fonctionnement anormal, avec de fréquentes paralysies et divers événements graves qui ont conduit à sa dissolution anticipée, le Conseil régional doit retrouver son rôle fondamental de lieu où l’on prend des décisions et où l’on effectue des choix de gouvernement. Avec l’apport de tous les groupes et de tous les conseillers, il faut étudier une modalité opérationnelle en mesure d’assurer un travail plus efficace. Il y a eu des excès, avec des réunions d’une longueur interminable, des suspensions continuelles et prolongées, une conflictualité exaspérée. Il est nécessaire de définir des modalités pour améliorer le fonctionnement de tous les organismes du Conseil. Il faut également modifier le règlement du Conseil pour corriger quelques défauts qui ne facilitent pas le bon fonctionnement de l’activité de notre assemblée. 

L’organisation de l’Administration régionale est vieillie et repose sur une approche partielle et sectorielle qui, récemment surtout, a montré toutes ses limites. Le nouveau gouvernement régional se propose donc, en l’espace de trois ans, d’élaborer un nouveau modèle d’organisation visant à créer davantage de synergies entre les différents secteurs administratifs, en vue d’améliorer l’efficience des réponses de ceux-ci et de mettre en valeur le personnel régional. Un effort important devra porter sur la diminution de la bureaucratie et sur la dématérialisation, d’une manière transversale dans tous les bureaux de l’Administration. Afin que ce programme puisse être complètement réalisé, il est également nécessaire de mettre en œuvre un modèle d’organisation approprié et efficace. 

Le monde des collectivités locales a besoin d’une attention renouvelée de la part du gouvernement régional. Dans la logique du fédéralisme global, les collectivités locales valdôtaines doivent pouvoir compter sur des ressources certaines, leur permettant une bonne programmation politique et administrative. Dans cette logique, la révision de la loi régionale n° 48/1995 « Mesures régionales en matière de finances locales » ne peut plus être reportée, et ce, afin de garantir non seulement l’attribution des ressources, mais aussi la répartition équitable de celles-ci. La solution définitive des problèmes relatifs aux recettes supplémentaires dérivant de l’IMU doit être trouvée au cours des négociations économiques entre l’État et la Région, comme acte préparatoire à la révision de la loi. Enfin, la révision de la loi n° 6/2014 « Nouvelles dispositions en matière d'exercice des fonctions et des services communaux à l'échelle supra-communale et suppression des Communautés de montagne », proposée par les collectivités locales valdôtaines, devra être complétée rapidement par le nouveau Conseil de la Vallée, dans le but de garantir la fonctionnalité et la rationalisation des services destinés aux citoyens, sans pour autant pousser la démarche à l’extrême. 

Dans le cadre de nos rapports économiques avec l’État, il faudra faire particulièrement attention non seulement à la question des recettes supplémentaires dérivant de l’IMU, mais aussi à la possibilité de disposer de ressources extraordinaires dans le cadre du MES et du Recovery fund, à utiliser dans le cadre de la situation d’urgence. 

Le respect des règles et de la légalité doivent être une priorité. Les institutions et la politique doivent notamment considérer comme une priorité absolue la lutte contre les organisations criminelles de type mafieux. Nous devons disposer des outils nécessaires pour connaître cette organisation criminelle et lutter contre son infiltration. Un Observatoire permanent sur les organisations criminelles de type mafieux sera créé : ce sera un instrument en mesure de fournir un soutien important du point de vue des connaissances nécessaires au moment d’effectuer des choix ou activités.

 

Assessorat de la santé, du bien-être et des politiques sociales

HÔPITAL

La réalisation d’une structure hospitalière adaptée aux besoins de la population et du territoire valdôtains, ayant une validité fonctionnelle de plusieurs décennies, doit être mise en œuvre rapidement, grâce à des choix pondérés. Il est donc nécessaire, alors que d’importants financements nationaux et européens sont en perspective, de procéder à un examen attentif des travaux déjà réalisés pour le centre hospitalier actuel, et des aspects financiers y afférents, ainsi qu’à des études approfondies, avec la participation du Conseil régional et de la société civile. 

PERSONNEL SANITAIRE

Parmi les objectifs à atteindre figure notamment la valorisation de tout le personnel sanitaire et administratif de notre agence sanitaire qui, au cours de ces mois de situation d’urgence, a su répondre de manière hautement professionnelle et avec un grand esprit de responsabilité aux différentes exigences sanitaires et autres de la population valdôtaine.

Pour améliorer le service sanitaire, il est nécessaire d’augmenter le nombre de personnel infirmier, à l’hôpital et sur le territoire, et de valoriser les expériences professionnelles, ainsi que les compétences acquises.

Il faut également prévoir un nombre suffisant de bourses d’étude universitaires et de spécialisation, et miser sur les jeunes, notamment dans les disciplines qui en ont plus besoin, en favorisant la passation d’accords avec des structures universitaires et en soutenant la naissance de projets de recherche clinique.

Un autre objectif prioritaire est la poursuite des politiques visant à attirer les spécialistes et à encourager ceux qui sont déjà présents, en leur garantissant des possibilités de progression économique et de carrière.

La promotion de la connaissance du français doit passer par des cours réservés au personnel sanitaire, sans que cela en compromette le recrutement immédiat.

MÉDECINE TERRITORIALE

Il faut renforcer le réseau territorial en mettant en valeur le rôle des médecins généralistes (MMG) et des pédiatres de base (PLS), en leur fournissant également les équipements utiles pour effectuer des examens cliniques de première nécessité, ce qui évitera de surcharger les structures hospitalières.

Les structures territoriales seront renforcées, par l’apport de personnel infirmier, d’opérateurs socio-sanitaires (OSS), de physiothérapeutes et de logopédistes, œuvrant en collaboration avec les médecins généralistes, ce qui permettra de gérer au mieux les infections dues à la Covid-19 qui ne rendent pas indispensable l’hospitalisation et d’apporter une réponse concrète à la gestion de la chronicité.

La télémédecine devra être mise en place et progressivement développée, afin de permettre une interaction rapide entre les patients, les opérateurs sanitaires du territoire et les médecins spécialistes, donnant ainsi une réponse efficace à la situation d’urgence sanitaire, aux problèmes dérivant de la complexité du territoire et à la chronicité.

Nous œuvrerons pour réduire les délais d’attente relatifs aux visites dans les centres de consultation et aux interventions chirurgicales, un problème que la situation d’urgence due à la Covid a encore exacerbé, et ce, en utilisant les ressources économiques significatives prévues par le Plan national sur les listes d’attente, par le biais de mécanismes tels que l’élargissement des horaires d’ouverture des cabinets de consultation spécialisés, l’encouragement du personnel sanitaire et la collaboration avec les médecins généralistes et les pédiatres de base.

BIEN-ÊTRE

Il faut promouvoir des styles de vie sains, y compris par le biais du sport, une source d’attraction touristique pour la Vallée d’Aoste, avec la collaboration de médecins généralistes, de pédiatres de base, de sportifs, de diététiciens, ainsi que de spécialistes de la nutrition et aussi le concours des établissements scolaires, en vue principalement de la diffusion des principes d’une alimentation adéquate chez les enfants d’âge préscolaire et scolaire.

Il est nécessaire d’effectuer une évaluation réelle du problème des personnes handicapées en Vallée d’Aoste, pour trouver des solutions concrètes dans ce domaine. Il faut prendre en compte les difficultés et les attentes des personnes handicapées et de leurs familles. Nous devons garantir une assistance sanitaire à domicile, mais aussi revoir et élargir la répartition des fonds pour les aidants, en fonction de leur charge de travail.

Il est indispensable de fournir un soutien adéquat aux élèves handicapés, afin que l’école soit inclusive et non exclusive, et de planifier l’insertion de ceux-ci dans le monde du travail.

 

Assessorat de l’éducation, de l’université, des politiques de la jeunesse, des affaires européennes et des sociétés à participation régionale

ÉDUCATION

Le rôle de l’école est extrêmement important et stratégique pour le futur de la Vallée. C’est le cas dans des conditions normales et cela est d’autant plus vrai en cette époque de Covid-19, du fait des implications et des aspects critiques déjà mis en évidence au cours des derniers mois. Ceux-ci se présentent à nouveau aujourd’hui, avec la nécessité d’adopter des mesures sanitaires appropriées, le recours à l’enseignement à distance/intégré– qui requiert une organisation meilleure et plus efficace – ainsi qu’une adaptation des transports en commun des élèves.

Autre point délicat, la situation difficile du personnel scolaire non titulaire : ce thème doit être abordéégalement dans le cadre de nos compétences statutaires.

La question centrale est que notre école doit être réellement bilingue et ouverte au plurilinguisme.

D’autres thèmes prioritaires sont ceux du décrochage et de l’abandon scolaire, la nécessité de réformer l’enseignement technique et professionnel (sur lequel la Région dispose d’une compétence primaire), les liens entre l’école et le monde du travail, ainsi que la sauvegarde des petites écoles de montagne et la résolution des nombreux problèmes qui persistent dans le domaine de la construction scolaire, gymnases compris.

UNIVERSITÉ

Pour l’Université, ce sont des années décisives, liées à l’achèvement de la structure de l’ancienne caserne Testafochi, mais aussi au choix des types d’études et du système de gouvernance, dans le respect de l’autonomie universitaire. L’objectif de faire d’Aoste une ville universitaire reste important ; s’y ajoute la vocation « alpine » de celle-ci, qui  est particulièrement accentuée, dans le cadre d’un réseau auquel participent également les universités francophones.

POLITIQUES DE LA JEUNESSE

Les politiques de la jeunesse doivent être élaborées à partir de l’analyse des besoins réels des usagers et mises en valeur également en tant que moyens de lutte contre le malaise social et de promotion d’une citoyenneté consciente. Chez les jeunes, le malaise existant a été accentué par les incertitudes dérivant de la pandémie, un problème que l’action du gouvernement régional devra prendre en compte.

AFFAIRES EUROPÉENNES

Les affaires européennes sont une question importante, non seulement du fait des ressources dont nous disposons déjà, mais aussi pour engager – en relançant le bureau de Bruxelles – une véritable politique européiste, de concert avec les Régions de l’Union similaires à la nôtre et en collaboration avec les minorités linguistiques de l’Ancien Continent. La définition précise de la nouvelle période de programmation qui arrivera jusqu’en 2027 est essentielle, tout comme le suivi de dossiers décisifs tels que la PAC, la politique des transports et celle de l’environnement. Il ne faut pas oublier la macro-région alpine EUSALP, l’euro-région AlpMed et la politique européenne en faveur des zones de montagne, ainsi que notre collaboration historique avec nos voisins français et suisses.  

SOCIÉTÉS À PARTICIPATION RÉGIONALE

La CVA doit rester une société publique, une entreprise œuvrant sur le marché et qui, tout en visant une gestion économique optimale, réserve une grande attention aux aspects sociaux et environnementaux, de même qu’à ses liens avec le territoire, à l’efficience énergétique, à la recherche et aux services innovants, conformément aux dispositions du DEFR 2020-2022, notamment pour ce qui est de l’élimination des barrières législatives au développement de la société.

Cela est possible grâce à des dispositions d’application ad hoc et des lois régionales spécifiques, qui doivent également permettre à la Région de réglementer en pleine autonomie les concessions relatives aux grandes dérivations hydroélectriques, en prévoyant des procédures spéciales et particulières pour les réattributions des autorisations dans le cas de sociétés entièrement publiques. Entre temps, il sera possible d’œuvrer en vue d’une prorogation des concessions après le 31 mars 2029.

Une loi de l’État devrait également permettre la réouverture des délais pour l’émission d’obligations sur le marché réglementé. Une attention particulière doit également être réservée aux problèmes que rencontre la Deval avec le réseau de distribution et au renouvellement de la concession qui lui a été accordée et qui expire le 31 décembre 2030.

En dehors de la CVA, le chapitre des sociétés à participation régionale concerne le futur de Finaosta et d’autres sociétés, comme INVA et Vda Structure, à titre d’exemple. Une réflexion globale sur l’efficacité et la transparence s’avère nécessaire, notamment pour ce qui est de la sélection publique relative aux postes de direction, qui doit être effectuée sur la base de critères de compétence.

 

Assessorat des biens culturels, du tourisme, des sports et du commerce 

CENTRES DE PROMOTION DE LA CULTURE 

Le soutien apporté aux centres de promotion de la culture doit être confirmé et étendu, tout particulièrement en ce qui concerne les sociétés savantes, les associations culturelles et les organismes publics présents sur le territoire engagés dans des projets de divulgation de la culture locale.

SITES ARCHÉOLOGIQUES

Au cours des cinq années passées, de nombreuses études ont été effectuées sur des sites archéologiques, et de multiples interventions comportant des analyses et des travaux de restauration sont en cours, depuis des années, dans certains châteaux. Au cours de cette législature, il faudra achever les travaux commencés et mettre enfin en place un projet efficace pour la valorisation et l’exploitation intégrée de tout le patrimoine historique et archéologique dans le cadre des divers circuits touristiques en place et àétendre. 

FORT DE BARD

La culture est un moteur de développement socio-économique et doit, en tant que tel, être valorisée et faire l’objet d’une nouvelle forme de promotion, car elle peut produire de la richesse et garantir des emplois. De ce point de vue, la coordination avec le Fort de Bard nous semble fondamentale et ce pôle culturel peut constituer une vitrine idéale pour l'organisation d’événements culturels et de manifestations importantes propres à promouvoir le tourisme et les excellences du territoire environnant.

NUMÉRISATION DES SOURCES

L'accessibilité constitue la condition préliminaire de toute politique consciente du fait que la culture est le fondement du développement social et économique. C’est pourquoi il importe de terminer le vaste travail de numérisation des documents inhérents à notre région (manuscrits, livres, documents d’archives, vidéos).

JEUNES ET CULTURE

Par ailleurs, il est aussi nécessaire d’encourager la participation des jeunes aux manifestations culturelles et aux expositions en réduisant considérablement le prix des billets pour les moins de 25 ans. La création de synergies plus étroites entre les agences culturelles et formatives est fondamentale pour une politique culturelle qui suscite la pleine participation des habitants de la région et qui génère des propositions, en vue également de la diffusion d’une culture scientifique. 

THÉÂTRE – MUSIQUE

Le théâtre et la musique sont des activités culturelles appréciées en Vallée d’Aoste. Le théâtre est une activité d’une grande richesse culturelle, qui peut également avoir des retombées intéressantes sur l’emploi. Il est donc opportun que la Région apporte son soutien à l'activité théâtrale, tant pour les professionnels que pour les amateurs.

En matière de musique, notre premier objectif est la création d’un système musical intégré, par le biais d’une coopération synergique de tous les acteurs de ce secteur dans le respect des spécificités et des finalités propres à chacun.

SYSTÈME BIBLIOTHÉCAIRE RÉGIONAL

Le Système bibliothécaire régional joue depuis toujours un rôle fondamental dans la construction du bagage culturel de la communauté et, de ce point de vue, ses activités doivent être soutenues avec la plus grande énergie, en synergie avec le BREL, les archives et les autres institutions culturelles présentes sur le territoire, en accordant une attention particulière aux initiatives concernant l'identité locale, l’histoire et la Résistance, la défense des droits civils, la protection de l’environnement et la culture de la légalité.

TOURISME ET MARKETING

Il est décidément urgent de réformer ce secteur et de créer un organisme unique pour s’occuper du marketing et de la promotion, qui soit en mesure d’exploiter au mieux les moyens publicitaires modernes aujourd’hui disponibles, afin d’optimiser les efforts, d’éviter le gaspillage et de remédier aux problèmes que pose le système actuel, qui est caractérisé par le manque de coordination de ses divers acteurs. 

MARQUE PARAPLUIE

La création d’une marque parapluie « Vallée d’Aoste » est une priorité : celle-ci constituerait un outil de promotion, pour positionner stratégiquement le territoire sur le marché national et international, tout en garantissant l’origine du produit et, par conséquent, en relançant la consommation.

Il faudrait, pour ce faire, commencer par concevoir et développer une marque clairement codifiée et porteuse de l’identité et de l’image de la région et applicable à tous les secteurs de la production et du tourisme, afin d’affirmer sur le marché une image forte et unie de la Vallée d’Aoste.

COMMERCE

La Région se doit de favoriser le repeuplement des petites réalités territoriales au sein desquelles les commerces ont une fonction vitale pour le maintien d’une communauté. Il faut trouver des solutions pour permettre le maintien des activités dans les villages et autres localités de montagne, où le petit entrepreneur a du mal à se maintenir économiquement. Il est nécessaire de les encourager et d’intervenir en ce sens grâce à des politiques fiscales et urbaines, lorsque c’est possible, pour relancer les activités commerciales de vente au détail et repeupler les centres historiques et les petites Communes. Par ailleurs, il est fondamental, en accord avec les syndicats et les collectivités locales, de procéder à une actualisation de la législation existante afin d’adapter celle-ci aux nouvelles exigences et à l'objectif de relance du secteur.

NUMÉRISATION ET CONNECTIVITÉ

Autre priorité, la nécessité de compléter les réseaux d’infrastructures et d’améliorer la connectivité sur l’ensemble du territoire régional. À la lumière de la situation d’urgence due à la Covid, qui persiste, il faut aider les entreprises dans leur transition numérique, indispensable pour qu’elles accomplissent ce bond technologique trop longtemps reporté ; il est en effet bien évident que nos entreprises rencontrent des difficultés considérables pour reconvertir ne serait-ce qu’une partie de leurs processus de production en perspective de la numérisation (gestion de réservations et de commandes, smart-working, cloud, cyber-sécurité). Et parallèlement à ces objectifs de grande envergure, il conviendra de développer encore la culture numérique d’entreprise et ses différentes déclinaisons en termes tant de citoyenneté numérique (disposer d’outils sûrs et rapides pour accéder aux services de l’Administration publique permet de réduire les délais et simplifie les procédures) que – et surtout – en matière de reconversion numérique de processus de production, de gestion et d’organisation.

SIMPLIFICATION ADMINISTRATIVE

En matière de simplification, l’intervention qui aurait un grand impact consisterait à rendre opérationnel l’échange effectif de données et de documents entre les diverses administrations publiques concernées par l’activité des entreprises. Pour réduire sensiblement les délais liés à l'acquisition et à la présentation de documents administratifs inhérents à l’activité de l’entreprise, mais aussi le temps nécessaire à l’administration publique pour effectuer les contrôles, il faudra mettre en place, grâce à une collaboration de la Région avec le Guichet unique des Collectivités locales (SUEL), des outils aussi uniformes et partagés que possible, ce qui permettrait à l'entrepreneur de dialoguer avec les administrations concernées par le biais d’une seule et même plateforme et de réunir dans le dossier de l’entreprise toute la documentation administrative qu’il a déjà présentée dans le cadre de l’exercice de son activité , documentation qu’il serait également possible de consulter en ligne.

RÉSEAUX D’ENTREPRISES

L’entrepreneuriat valdôtain se compose de micro-entreprises et de petites entreprises, souvent à gestion familiale et qui, plus souvent encore, comptent un nombre réduit d’employés ; de fait, près de 60 % des entreprises sont unipersonnelles.

Cette situation comporte de fortes limites et souvent, l'entrepreneur ne dispose que de peu de temps pour se consacrer au développement de son entreprise, parce qu’il est presque entièrement occupé par la gestion des affaires courantes. Dans ce contexte, les réseaux d’entreprises représentent un outil qui permet de repérer les ressources qui peuvent être destinées à des actions stratégiques, mais aussi une possibilité de contenir les coûts. De fait, de nouvelles formes d’agrégation entre entreprises permettent à ces dernières d’unir leurs points forts et de créer des synergies pour devenir plus compétitives sur le marché. Il est donc nécessaire de mettre en place un outil pour les aider et encourager ce type de choix en mettant à leur disposition des ressources qu’elles peuvent utiliser pour passer des contrats avec des professionnels capables d’évaluer et de concevoir ces réseaux et de suivre les entreprises lors du parcours de réalisation.

LA NÉCESSITÉ DE NOUVEAUX DÉFIS 

Dans un avenir proche, la Chambre devra lancer de nouveaux services, tels que l'application du nouveau code pour les crises d'entreprise et, plus particulièrement, les activités de l’organisme spécifique qui sera constitué au sein des Chambres de commerce, l’intégration probable dans les activités institutionnelles des services d’aide à la numérisation, qui sont actuellement financés par des fonds à destination obligatoire et gérés en ayant recours à des entreprises externes, les services découlant du décret sur la simplification, en matière de courrier électronique simplifié et de radiation des entreprises ayant cessé leur activité, pour lesquels il est nécessaire de trouver de nouvelles ressources économiques et humaines.

SPORTS 

Il est indispensable de revoir les outils législatifs conçus pour soutenir le monde du sport  dans une optique plus globale et adaptée à notre contexte. Il est opportun de concevoir une nouvelle loi-cadre sur le sport. Les actions et la programmation prévues par celle-ci devront s’étendre non seulement aux aspects inhérents aux manifestations et activités, mais aussi à la gestion des installations, à la formation et au recyclage des personnels actifs dans ce secteur et aux services d’aide à l’organisation de manifestations, en remplacement des précédentes contributions publiques. Il s’avérera donc nécessaire de renforcer les rapports entre Région et CONI, institutions scolaires et collectivités territoriales, pour programmer de façon plus synergique et coordonnée initiatives et services, ainsi que pour rationaliser les installations et interventions sur les bâtiments destinés au sport. 

 

Assessorat de l’essor économique, de la formation et du travail

 

Le développement du tissu économique est préalable à toute croissance du bien-être social et au plein emploi dans notre Région. L’image que présentent les entreprises valdôtaines se caractérise par une parcellisation considérable d’entreprises individuelles (ou une constellation de micro-entreprises) dans tous les secteurs. L'activité industrielle se concentre sur la sidérurgie et sur le secteur de la mécanique industrielle, les secteurs manufacturier, électronique et informatique, la production d’énergie et la transformation de produits alimentaires.

Bon nombre d’entreprises travaillent dans le secteur des services et, plus particulièrement, dans les domaines des finances, des assurances, de l’immobilier, des professions libérales, de l’information et de la communication, de la location et des services aux entreprises, de la santé et de l’assistance sociale.

Le secteur des remontées mécaniques emploie un millier de personnes et se caractérise par son aspect saisonnier ainsi que par son étroite relation avec le secteur touristique et hôtelier.

Ces différents secteurs jouent un rôle déterminant dans la promotion du développement économique de la Vallée d’Aoste.

Même s’il est encore en phase d’évolution, le scénario qui se dessine est marqué par les retombées considérables que la pandémie de la Covid-19 a eu sur le monde des entreprises et du travail, non seulement parce qu’elle a mis à risque une série d’activités et de postes de travail, mais aussi parce qu’elle a modifié les habitudes économiques qui ont, à leur tour, engendré une crise dans certains secteurs et une croissance dans d’autres.

Le défi que la Vallée d’Aoste va elle aussi devoir relever consiste à identifier les opportunités crées par cette transformation économique et sociale, pour développer de nouveaux domaines de croissance.

ESSOR ÉCONOMIQUE

Les éléments clés de l’action administrative en matière de développement économique pour les cinq prochaines années résideront avant tout dans l’innovation et la modernisation des systèmes de production, en cohérence avec le Plan « Entreprise 4.0 », qui passent par la promotion d’interventions visant les diverses phases du cycle de vie des entreprises par le biais de la numérisation des processus de production et le développement des infrastructures technologiques (réseaux de fibre optique), afin de combler le fossé numérique, de valoriser la productivité des travailleurs et de favoriser l’acquisition des compétences, ainsi que le développement de nouveaux produits et processus.

Ce développement sera soutenu par des investissements spécifiques dans les domaines de la recherche et du développement, ainsi que du transfert de technologie, par la poursuite de la collaboration avec les Régions limitrophes, de même que par l’encouragement à la naissance de start-ups innovantes et le développement sur le territoire de centres de recherche et d’innovation, mais aussi par le soutien à l’agrégation et à la concentration de l’implantation des Centres d’excellence, et par la promotion de la réalisation d’une zone franche pour la recherche.

Par ailleurs, dans une optique d’inclusion, l’intégration de l’éducation, de la formation, de la recherche et de l’innovation sera encouragée, tant en faisant progresser la culture de l’innovation en aidant les jeunes à aborder le monde du travail, qu’en orientant la formation universitaire et la haute formation vers les besoins des entreprises (par exemple, via des parcours d’ITS avec la Région Piémont et l’insertion de jeunes chercheurs dans les entreprises) ce qui aura un impact important sur les politiques visant à soutenir les jeunes entrepreneurs.

D’autres interventions viseront à encourager les réseaux d’entreprises, afin d’accroître la compétitivité et l'innovation de celles-ci, mais aussi d’encourager la démarche coopérative.

Afin d’utiliser de façon efficiente les ressources disponibles dans le contexte socio-économique créé par l’épidémie de COVID-19, il sera nécessaire d’encourager des politiques spécifiques en matière de crédit afin de soutenir les entreprises qui connaissent une crise de liquidités, d’orienter l’utilisation des fonds publics et européens vers les secteurs stratégiques pour le développement économique régional – et ce, conformément à la stratégie de spécialisation intelligente de la Vallée d’Aoste (S3) – et de favoriser l’évolution d’un développement durable, attentif aux exigences du territoire, dans le respect du concept de « responsabilité sociale d’entreprise », dans une logique d’économie verte, permettant de construire une relation réciproquement positive entre l’homme et son environnement.

Dans ce contexte, il est par ailleurs indispensable de soutenir les activités d’internationalisation des entreprises via la promotion intégrée du système Vallée d’Aoste, la promotion d’actions de marketing territorial visant à attirer des investissements en Vallée d’Aoste et à favoriser l’implantation, la réimplantation et le développement de nouvelles activités entrepreneuriales, y compris grâce à la récupération et à la reconversion du patrimoine immobilier de la Région.

Enfin, la promotion et la réalisation de manifestations telles que des foires constituera une ressource fondamentale pour la reprise économique et pour donner de la visibilité aux entreprises valdôtaines.

L’artisanat de tradition joue un rôle important dans notre Région, non seulement parce qu’il témoigne de notre culture et de notre patrimoine, mais aussi parce qu’il constitue un secteur de développement de compétences professionnelles de haut niveau, reconnues bien au-delà de nos frontières régionales.

C’est un secteur qui méritera qu’on lui accorde une attention particulière, en veillant à la promotion des artisans et de leur travail, notamment pour ce qui est des professionnels, éventuellement par le biais de formes alternatives à celles traditionnelles et en établissant aussi des synergies avec d’autres secteurs, comme le tourisme et l’agriculture.

Le secteur de l’énergie s’avère stratégique si nous voulons atteindre les objectifs fixés pour atténuer les changements climatiques et progresser vers un développement durable, au niveau européen par les documents et les politiques d’orientation (par ex. Road map 2050) et au niveau national par les plans et directives qui en découlent (par ex. PNIEC). Au niveau régional également, pour le développement des politiques du territoire nous devons prendre en compte la transition énergétique qui constitue un élément transversal dans divers secteurs. Il nous faut donc poursuivre la définition d’une stratégie fossil fuel free, en collaboration avec l’Assessorat de l’environnement et des transports et de la mobilité durable et avec les autres structures régionales concernées, mais aussi mettre à jour le Plan énergétique environnemental régional (PEAR), conformément à la Stratégie de développement durable.

Il faudra ensuite poursuivre le développement des projets et initiatives financés par les fonds de la programmation européenne 2021/2027 selon les orientations établies par la Commission, ainsi que le développement de la green economy, notamment par le biais du financement de projets de recherche et d’innovation, comme cela est déjà prévu dans l’aire thématique « Montagne durable » de la S3 régionale.

Par ailleurs, il s’avérera de plus en plus nécessaire de favoriser la connaissance des mesures européennes, nationales et régionales en matière d’énergie et l’accès à celles-ci par les entreprises, les organismes et les citoyens, notamment en collaboration avec le COA énergie, pour une utilisation plus efficace de celles-ci, grâce au renforcement des activités de communication, de diffusion et d’information y compris par des guichets, avec l’objectif primaire, à long terme, de sensibiliser la population aux problèmes énergétiques, en prévoyant chaque fois que possible la participation des institutions scolaires.

Enfin, il sera utile de mettre en place un échange permanent et continu avec les acteurs du secteur de l’énergie, et plus particulièrement avec CVA S.p.A., en vue de la participation active de ceux-ci à la mise en œuvre des politiques énergétiques.

FORMATION ET TRAVAIL

À partir du travail complexe et intense qui a été effectué pour aider les citoyens et les entreprises durant les phases les plus critiques de la période de crise sanitaire, à savoir la gestion des mesures d’aide sociale, la définition des protocoles de sûreté pour la réouverture des activités économiques et la définition des mesures d’aide plus efficaces à mettre en place (lois régionales n° 5/2020 et n° 8/2020), il est désormais indispensable de définir une nouvelle phase.

Celle-ci devra prévoir l’application de mesures pour soutenir l’emploi et encourager la formation professionnelle, à partir de la nécessité d’intervenir pour renforcer les compétences numériques de la population et prévoir la formation de la figure du « facilitateur » pour aider les personnes âgées ou fragiles à aborder les services numériques.

Un effort considérable doit être fait pour rapprocher la demande de l’offre de travail, à partir d’un Plan d’orientation destiné aux élèves du premier cycle, établi en collaboration avec les établissements scolaires.

Il est fondamental de remettre en valeur la culture du travail au sens le plus large du terme, en favorisant la connaissance des secteurs en voie de développement et en aidant ainsi les jeunes et leurs familles à faire leurs choix en toute connaissance de cause.

À la lumière des nouvelles dynamiques créées par la phase de pandémie, il sera essentiel de réviser le Plan des politiques du travail qui a étéébauché, en étroite collaboration avec les partenaires sociaux et les représentants des divers secteurs économiques.

Par ailleurs et toujours sur la base de l’expérience susmentionnée, il faudra prévoir l’institution à l’INPS d’un fonds de solidarité territoriale intersectoriel, afin de garantir une prestation financière immédiate en cas de réduction ou de suspension de l’activité, en cas de chômage technique ordinaire ou extraordinaire.

Il est nécessaire de lancer des actions de conception conjointe via l’activation de projets expérimentaux, en collaboration avec le troisième secteur.

Les politiques du travail sont et seront de plus en plus un élément central pour le bien-être des tous les citoyens. Pour assurer la continuité avec ce qui a été fait au cours de la dernière législature, nous devrons compléter le renforcement et la réorganisation des services pour le travail, qui devront être orientés vers les citoyens et les travailleurs et, surtout, tenir compte des exigences des entrepreneurs et des entreprises.

L’apprentissage dual sera introduit en tant qu’outil pour faire connaître le monde du travail à des jeunes et à des adultes non qualifiés, en créant d’importantes opportunités de croissance professionnelle.

Pour offrir un nouveau service aux usagers de l’Administration et dans une optique de simplification et d’optimisation des ressources, un Bureau de la formation sera institué, pour former toutes les figures professionnelles, réglementées ou pas, dans le cadre d’une étroite synergie avec leurs secteurs de référence. 

Afin d’orienter les initiatives de formation professionnelle et les actions de politique active, un centre opérationnel sera créé pour analyser les données selon une perspective donnée.

Nous voulons ainsi promouvoir, même sous une forme expérimentale, des projets visant la réinsertion, dans le système productif, de travailleurs d’entreprises en crise ou, plus en général, de ceux qui ont perdu leur emploi ou cessé leur activité.

Au cours des cinq prochaines années, il faudra apporter des réponses concrètes à un marché du travail complexe et favoriser une nouvelle culture du travail inclusive et en mesure de ne laisser de côté aucun jeune ou aucun adulte, qu’il ait un emploi ou soit à la recherche d’un emploi, ou qu’il soit un entrepreneur.

REMONTÉES MÉCANIQUES

Dans le contexte actuel, caractérisé par l’incertitude, il est important pour la Vallée d’Aoste d’avoir une vision stratégique de développement du secteur des remontées mécaniques, dans le cadre d’une étroite collaboration avec le secteur du tourisme et de l’accueil.

Il sera nécessaire de moderniser les remontées mécaniques stratégiques des principaux domaines skiables, afin d’en améliorer la qualité, et de lutter contre les effets des changements climatiques, grâce notamment au renforcement de l’enneigement artificiel, pour que celles-ci deviennent l’un de nos principaux attraits touristiques. Il est également prévu de développer les actions pour une gestion unitaire des sociétés exploitant les remontées mécaniques, en favorisant un système de vente de billets plus moderne et adaptable aux changements technologiques, ainsi que des actions de marketing coordonnées.

Il est évident que le Conseil régional conservera son rôle central en matière de choix définitifs, pour ce qui est de l’hypothèse de réalisation de remontées mécaniques dans le vallon des Cimes Blanches et compte tenu de la procédure d’étude, prévue par le DEFR, engagée par les sociétés de gestion des remontées mécaniques et portant sur la possibilité de réaliser une liaison entre les domaines skiables de Cervinia et ceux de la société Monterosa, du point de la vue de la durabilité financière, environnementale et urbanistique de celle-ci.

Il sera également important d’investir sur les petits domaines skiables, afin de garantir une offre touristique diversifiée en fonction du public visé et de soutenir les communautés locales. Dans ce contexte, nous entendons également améliorer encore le bilan économique des sociétés, par le biais d’une gestion efficiente des financements et des aides publiques.

Dans le secteur du ski de fond, l’offre actuelle sera maintenue et améliorée, grâce aux mesures existantes destinées au soutien des investissements (pistes, enneigement, engins de damage). Les évaluations se poursuivront au sujet de la faisabilité du stockage de la neige (snowfarming) dans certaines localités pour anticiper l’ouverture de la saison, et au sujet de la réalisation de pistes en altitude.

Il est fondamental de poursuivre la collaboration avec l’école pour la promotion des sports d’hiver, en proposant notamment à tous les jeunes de moins de 18 ans un skipass unique à prix réduit et en définissant des produits susceptibles de fidéliser les étudiants universitaires qui pratiquent le ski. 


Assessorat des finances, de l’innovation, des ouvrages publics et du territoire

 

FINANCES ET INNOVATION

L’urgence sanitaire qui a frappé notre région et qui perdure, nous enseigne que les grandes crises ne peuvent pas être gérées par des « chevaliers solitaires » et que, pour trouver des solutions, il est indispensable de collaborer, malgré nos différences de point de vue.

C’est en ce sens que l’Assessorat des finances, de l’innovation, des ouvrages publics et du territoire entend devenir un instrument de liaison, de synthèse, d’analyse et de programmation, en remplissant une double fonction de service transversal pour l’administration publique et de sujet final, promoteur de l’essor économique.

Le développement économique compte certainement au nombre des priorités sur lesquelles nous concentrerons nos efforts et pour lesquelles nous mettrons en œuvre des actions susceptibles de garantir à la communauté valdôtaine ce bien-être social et cette capacité de croissance qui sont absolument nécessaires. Pour ce faire, il est crucial d’aborder le tissu économique, entrepreneurial et social dans sa globalité, en privilégiant une approche intégrée et coordonnée des divers problèmes et en redonnant un rôle central à l’initiative des entreprises, que l’administration publique doit soutenir par le biais de processus simplifiés, mais aussi grâce à la numérisation et à la débureaucratisation. C’est justement pour cela - et compte tenu des particularités et des limites de notre économie - que le rôle de l’Administration publique doit être d’accompagner et de soutenir l’essor du système économique valdôtain, notamment à travers un dialogue permanent et constructif avec tous les acteurs du territoire : syndicats, associations professionnelles, professionnels, associations de consommateurs, Confidi Valle d’Aosta, organismes de crédit et Chambre Valdôtaine des entreprises et des activités libérales. Il est donc fondamental de profiter des prérogatives que nous offre notre spécificité - notamment en ce qui concerne les impôts, à travers les dispositions d’application du Statut spécial (décret législatif n° 184/2017) - pour que les caractéristiques inhérentes à la fiscalité liée au territoire et à notre particularisme deviennent un moteur de développement et une source d’opportunités, en particulier pour ce qui est des recettes et de leur augmentation, et ce, à travers une analyse attentive des mécanismes internes de l’Administration, en termes tant de définition de la dépense que des procédures y afférentes.

Il nous faut aborder l’avenir avec des projets et avec une programmation stratégique qui apporte des réponses concrètes aux différents secteurs, dans un cadre général, pour construire ensemble - et sans oublier personne - une Vallée d’Aoste productive et rentable. Cette programmation devra identifier clairement les finalités et les objectifs pouvant être revus ou modifiés, de concert avec le territoire et les collectivités locales valdôtaines, dans un processus vertueux de partage des difficultés et des bonnes pratiques. C’est à travers un processus qui met les communautés territoriales au centre de l’organisation administrative qu’il faut consolider les rapports financiers avec les collectivités locales, et ce, afin de sauvegarder les particularités de chacune des communes de la région. 

La Vallée d’Aoste ne peut pas se permettre de rater le train de l’innovation et de la transformation numérique : même à l’échelon régional, il est important de créer une société numérique qui, de façon simple mais efficace, permette aux citoyens et aux entreprises d’être au cœur du rapport « services offerts par la Région/personnes ».

Pour ce faire, dans un domaine en évolution aussi rapide que celui de l’innovation et de la transformation numérique, il est nécessaire de mettre en place un dialogue permanent avec les expériences les plus réussies, à l’échelon tant national qu’international, sans jamais perdre de vue ce qui a déjàété fait dans notre région, tout en valorisant et en développant une Administration 4.0, en mesure d’être rapide et réellement au service des citoyens et des entreprises.

Ces objectifs performants et concrets ne peuvent être atteints que si d’importants investissements sont réalisés dans les domaines suivants :

-     infrastructures numériques : l’urgence sanitaire liée à la Covid-19 a mis en évidence la nécessité de continuer dans cette direction, car le fossé numérique entre ceux qui ont accès à l’internet rapide et les autres n’est pas encore comblé. En cette période de travail agile et d’enseignement à distance, il est apparu évident que dans certaines vallées latérales et dans les villages de montagne, il est difficile de se connecter à l’internet avec les paramètres minimums indispensables pour bénéficier des divers services. Dans une optique d’inclusion et en tenant compte des caractéristiques de notre territoire, nous devrons œuvrer pour donner à tous la possibilité d’accéder librement au réseau ;

-     gestion des données : il convient de valoriser l’énorme patrimoine informatique public dont nous disposons. C’est là un objectif stratégique que nous impose l’Union européenne, qui définit ce patrimoine comme un vecteur d’informations pour les entreprises ;

-     plateformes : il faut que les administrations publiques régionales adoptent des plateformes appropriées pour diminuer leur charge de travail et permettre une plus grande flexibilité des services qu’elles offrent aux citoyens et aux entreprises. Il s’agit donc de plateformes transversales aux fonctions d’habilitation, réutilisables à tous les niveaux de la vie publique (régional, communal, etc.), comme par exemple pagoPA, ANPR ou SPID.

OUVRAGES PUBLICS ET TERRITOIRE

Le territoire et son entretien revêtent une grande importance, non seulement du point de vue de la sécurité et de l’urbanisation mais également, et de plus en plus, pour l’économie et l’offre touristique. Le développement et l’entretien du territoire doivent nécessairement tenir compte des bouleversements climatiques. Les changements climatiques prévus pour l’avenir toucheront la montagne, qui présente de grandes fragilités, et augmenteront la vulnérabilité du système des ressources hydriques, ainsi que celle du territoire face aux événements de nature hydraulique ou géologique, et tout cela demandera un énorme engagement, notamment en termes d’étude de ces phénomènes. L’action régionale pour la sauvegarde des ressources hydriques doit se réaliser dans une optique de gestion durable desdites ressources, afin de ne pas appauvrir le patrimoine hydrique et d’assurer la survie de l’environnement, de la faune et de la flore aquatiques, mais aussi des processus géomorphologiques et des équilibres hydrologiques. Il est essentiel d’encourager l’utilisation rationnelle et durable des ressources hydriques dans tous les domaines, de même que leur valorisation économique, dans le plein respect de l’environnement et dans un esprit de solidarité sociale, pour mettre en lumière la grande valeur environnementale, culturelle et économique desdites ressources.

Nous devons œuvrer pour ramener les niveaux de risque à des valeurs acceptables par les communautés locales, qui cohabitent depuis toujours avec les risques hydrogéologiques, et à des niveaux durables compte tenu des disponibilités financières. La « connaissance » des situations de danger (qui peut se décliner en « conscience » et en « autodéfense ») doit être diffuse et partagée avec les citoyens, de façon adéquate et claire.

Dans le secteur des contrats publics, les stations adjudicatrices de la Région et la Région elle-même, en sa qualité d’administration adjudicatrice, doivent tout faire pour garantir la qualité des travaux réalisés, le respect des délais de réalisation, ainsi que le respect, par les entreprises, de leur personnel et de toute personne collaborant au processus de production, et ce, conformément aux dispositions en vigueur. Nous devons trouver le bon équilibre entre, d’une part, la simplification des procédures, la transparence, la réduction des coûts, l’application totale des principes fondamentaux de l’Administration publique et, d’autre part, la garantie de la concurrence et la simplification des procédures.

Par ailleurs, le patrimoine régional en bâtiments et en infrastructures doit être au centre de programmes spécifiques d’entretien, de mise aux normes et de requalification des structures, des installations ou du milieu, en particulier pour améliorer son rendement énergétique et pour le rendre plus fonctionnel, plus sûr et mieux adapté aux besoins du territoire.

Des mesures de gestion ciblées doivent être adoptées pour :

1)      Identifier rapidement les travaux d’entretien ou de mise aux normes nécessaires pour garantir la sécurité de la circulation sur les routes régionales, entendues comme axes de liaison avec les vallées ;

2)      Entretenir et mettre aux normes les installations, afin d’améliorer les niveaux structurels et énergétiques des immeubles destinés à accueillir écoles, bureaux ou infrastructures sportives ;

3)      Identifier les nouveaux besoins et programmer rapidement les interventions y relatives.

Après des années de crise dans le domaine du bâtiment, tant public que privé, il est indispensable de relancer la machine. Dans le secteur public, nous devons focaliser notre attention sur l’infrastructuration du territoire, son entretien, celui des infrastructures en réseau et des immeubles publics. Il est important de modifier la législation des travaux publics en vue de la valorisation des entreprises locales.

La requalification des bâtiments constitue - en sus de la réduction de leurs coûts de gestion, de celle des émissions et de la consommation de produits d’origine pétrolière - une opportunité extraordinaire de réactiver ce secteur, tout en y créant des emplois et en générant son essor. Nous devons débloquer, une bonne fois pour toutes, la situation inhérente aux demandes de prêt pour l’achat d’une résidence principale ou la restructuration d’une résidence principale ou secondaire, au sens de la loi régionale n°3/2013. 


Assessorat de l’environnement, des transports et de la mobilité durable

 

LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES

Au cours des 120 dernières années, les températures dans la zone alpine ont augmenté de près de deux degrés centigrades, presque le double de la moyenne globale. Les chercheurs de l’ARPE VDA annoncent une hausse de 2 degrés supplémentaires dans les trente prochaines années et de 4,5 degrés d’ici à la fin du siècle. Le 18 décembre 2018, le Conseil régional a approuvé un ordre du jour concernant l’abandon des sources fossiles avant 2040, objectif qu’il faut poursuivre avec conviction en intervenant dans le secteur du bâtiment pour un meilleur rendement énergétique, dans le secteur des transports pour une mobilité durable et en encourageant le recours aux énergies propres et renouvelables.

La CVA (Compagnia Valdostana delle Acque) est appelée à jouer un rôle fondamental pour la réalisation de la stratégie énergétique régionale, basée sur l’utilisation des sources d’énergie renouvelables.

AIRES NATURELLES PROTÉGÉES

Les années à venir devront être placées sous le signe d’un regain d’intérêt pour la nature, la biodiversité et l’exploitation du territoire selon des modalités à faible impact environnemental.

La Vallée d’Aoste est riche d’aires naturelles protégées devant être valorisées et défendues.

Les initiatives comme l’élargissement du Parc naturel du Mont Avic – démarche lancée grâce à l’engagement de simples citoyens et avec le soutien de la Région – seront évaluées avec attention : elles sont l’expression de la culture et de la promotion d’un tourisme environnemental qui sait apprécier et respecte la véritable essence du patrimoine naturel de la Vallée d’Aoste.

Le Mont-Blanc est un monument naturel de valeur mondiale qui est l’objet d’attention, notamment de la part de l’Unesco en vue de sa reconnaissance comme Patrimoine mondial de l’humanité, reconnaissance que nous souhaitons obtenir, de concert avec les Communes de la vallée de Chamonix et du canton du Valais.

Le Parc national du Grand-Paradis, institué en 1922, a été le premier parc national d’Italie : son prochain centenaire représentera une importante occasion de faire découvrir au public son rôle dans la recherche scientifique et l’utilisation respectueuse de l’environnement.

EXPLOITATION ET PROTECTION DES EAUX

L'eau joue un rôle essentiel pour le territoire valdôtain. Le thème des eaux et de leur gestion constitue une priorité, compte tenu notamment des conséquences des changements climatiques, comme, par exemple, les risques de sécheresses prolongées ou d’inondations fréquentes, le fait qu’un tiers des communes valdôtaines puisse avoir besoin d’être approvisionnées d’urgence en eau, les besoins en eau du secteur agricole, l’enneigement artificiel ou les usages industriels de l’eau. Tout cela implique une programmation attentive des ressources hydriques. C’est pourquoi le nouveau Plan de protection des eaux – le précédent instrument de programmation étant périmé depuis cinq ans – doit être approuvé rapidement, compte tenu des démarches déjà entreprises et de l’évaluation environnementale stratégique délivrée en février dernier.

GESTION DES DÉCHETS

Nous entendons élaborer un nouveau plan de gestion des déchets, qui devra identifier les meilleures solutions pour réduire la production de déchets par personne, ainsi que l’utilisation de plastique et d’emballages, tout en favorisant les produits de proximité, en garantissant la récupération des matériaux - notamment à travers des filières locales de récupération - et en réduisant les quantités de déchets mis en décharge. Nous mettrons également en œuvre des actions concrètes destinées à rationaliser les coûts de collecte ou de traitement et à identifier les mécanismes de tarification pouvant récompenser les comportements vertueux.

Nos efforts se porteront aussi sur l’amélioration de la gestion des déchets liés aux démolitions, en mettant en place des politiques de récupération et de réutilisation de ces matériaux, dans le public comme dans le privé, et ce, dans l’optique de favoriser une économie de plus en plus circulaire.

CARRIÈRES ET DÉCHARGES

Au cours des dernières années, les décharges de Pompiod, entre Aymavilles et Jovençan, et de Chalamy, ancienne carrière Follioley entre Issogne et Champdepraz, ont étéà la une des faits divers. Une pétition a exprimé les préoccupations, justifiées et partagées, de la population. Nous entendons combler les vides réglementaires qui ont autrefois permis de faire des choix potentiellement dangereux pour l’environnement.

MOBILITÉ DURABLE ET CHEMIN DE FER

L'objectif européen de réduire de 60 % les émissions qui altèrent le climat d’ici à 2050 dans le secteur des transports requiert des changements radicaux. L’urgence liée à la Covid-19 nous fournit des indications utiles pour réduire le besoin de mobilité (travail agile), favoriser les choix personnels plus durables (vélo, covoiturage, etc.), rendre plus efficaces les services de transport public (axe ferroviaire du fond de la vallée plus moderne et complété par des lignes d’autobus vers les vallées latérales et nouveaux services flexibles) et accélérer l’innovation (mobilitéélectrique).

Le Plan régional de la mobilité cycliste sera approuvé et réalisé, parallèlement à la Ciclovia Baltea qui se déroulera de Courmayeur à Pont-Saint-Martin et sera reliée au réseau cyclable national.

La modernisation et le développement du chemin de fer valdôtain sont des objectifs de première importance. Sur la base du Programme stratégique d’actions pour le chemin de fer, approuvé en juillet 2019, la réalisation des travaux prévus sera lancée et les accords nécessaires en vue de l’amélioration du fonctionnement du réseau ferroviaire valdôtain seront stipulés, notamment pour ce qui est de l’électrification et de l’accélération de la ligne Ivrée-Aoste.

AUTOROUTES, TUNNELS ET AÉROPORT

Pour ce qui est des deux tronçons autoroutiers, il convient d’intervenir pour réduire les coûts excessifs qui découragent de nombreux usagers, contribuent par conséquent à l’augmentation du trafic sur les routes nationales et génèrent une sous-utilisation des infrastructures réalisées au prix d’un important impact sur le paysage et sur le territoire.

Dans les deux tunnels alpins, une attention majeure doit être consacrée à la sécurité et à l’entretien. En ce qui concerne le tunnel du Grand-Saint-Bernard, la voie de secours à utiliser en cas d’urgence doit être régulièrement utilisable alors que, dans le tunnel du Mont-Blanc, il faut rapidement programmer des travaux de réfection de la couverture sur des tronçons importants, pour éviter son effondrement.

Pour ce qui est de l’aéroport, nous devons redéfinir son rôle en pointant surtout sur sa vocation de centre de secours héliporté, d’aéroport de loisir et de tourisme, ainsi que sur les activités de protection civile.

 

Assessorat de l’agriculture et des ressources naturelles

Nous devons valoriser et encourager le maintien des territoires de haute montagne à travers la pratique de l’inalpe, mais aussi valoriser et encourager le travail des consortiums d’irrigation et des consortiums d’amélioration foncière qui, en bonifiant les terres, rendent vivables et exploitables des portions de territoire qui seraient autrement incultes et improductives.

De la même façon, il est important de revoir la gestion de la sylviculture et de viser le maintien des forêts et des bois, fondamentaux pour circonscrire le problème de l’instabilité des versants qui, en raison des changements climatiques en cours, requiert aujourd’hui des ressources et des attentions particulières.

La sauvegarde du territoire passe également par le travail constant et dévoué que le monde de l’agriculture et de l’élevage réalise avec l’aide des associations professionnelles qui œuvrent pour valoriser les produits valdôtains. Ces dernières années, ce travail, qui est cependant souvent trop peu valorisé, a justement été reconnu comme héroïque, notamment en raison des caractéristiques difficiles du territoire où il se déroule.

Le dialogue permanent entre le gouvernement et les associations doit être renforcé pour permettre un travail en synergie : l’AREV - qui poursuit l’objectif d’améliorer la race bovine valdôtaine et l’économie des entreprises agricoles, mais aussi d’encourager la consommation de viande valdôtaine -, l’A.N.A.Bo.Ra.Va. – qui vise l’amélioration génétique de la race bovine valdôtaine, Coldiretti et la CIA comptent au nombre des associations professionnelles qui doivent devenir des interlocuteurs privilégiés avec lesquels développer des stratégies coordonnées, notamment pour élaborer le prochain Plan de développement rural dans le cadre de la nouvelle PAC 2021/2027.

Par conséquent, notre région doit poursuivre son parcours pour exprimer son excellence, surtout pour ce qui est de ses produits œnogastronomiques AOP, à protéger et à proposer sur les marchés internationaux, tout en défendant leur originalité et en en garantissant la valorisation et la reconnaissance.

Il est aussi nécessaire d’encourager les cultures de qualité et toutes les productions typiques (vins AOC de la Vallée d’Aoste, pommes, petits fruits, mais aussi eaux-de-vie, herbes officinales et produits cosmétiques ou pour le bien-être), de favoriser la rencontre entre l’offre et la demande en matière de produits typiques, d’encourager la consommation des produits du terroir et de soutenir les petites entreprises, de débureaucratiser les procédures, de relancer la formation des jeunes entrepreneurs agricoles et de réduire réellement, et le plus possible, les délais de paiement par les organismes nationaux et européens.

Voilà quelques-unes des priorités sur lesquelles se focalisera notre attention afin de donner la juste importance au secteur agricole, qui est l’un des mieux placés pour témoigner de l’excellence de notre territoire.

 

ADMINISTRATION RÉGIONALE

Pour lutter contre les phénomènes mafieux, il est fondamental de prendre conscience du danger que représentent les organisations criminelles. En outre, la Région soutiendra toutes les formes de promotion de la légalité et de formation destinées à la population et, en particulier, aux jeunes générations.

En vue de la réalisation concrète du programme de gouvernement, les Assessorats seront structurés comme suit :

  • Assessorat de la santé, du bien-être et des politiques sociales ;
  • Assessorat des biens culturels, du tourisme, des sports et du commerce ;
  • Assessorat de l’essor économique, de la formation et du travail ;
  •  Assessorat de l’agriculture et des ressources naturelles ;
  • Assessorat de l’éducation, de l’université, des politiques de la jeunesse, des affaires européennes et des sociétés à participation régionale ;
  • Assessorat de l’environnement, des transports et de la mobilité durable ;
  • Assessorat des finances, de l’innovation, des ouvrages publics et du territoire.

 

 

 

 



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