Aperçu historique

Longtemps divisé en deux parties distinctes, appartenant l’une aux Vallaise-Romagnano et l’autre aux Vallaise-Montalto – deux branches de la famille Vallaise – le château d’Arnad est le fruit de plusieurs phases de construction qui se sont succédé dans le temps, sans solution de continuité, comme l’explique Roberto Bertolin dans ses écrits. Indubitablement d’origine médiévale, il fut agrandi au cours des siècles suivants, avant que le baron Félix-Charles-François, issu de la puissante famille valdôtaine des Vallaise-Romagnano, ne lui fasse subir une transformation radicale, entre 1660 et 1670 : après son second mariage, avec Giovanna Maria Gibuti, membre d’une riche famille de marchands d’Ivrée, celui-ci donna à la structure l’aspect d’un véritable château, tant en intervenant sur son architecture qu’en faisant refaire toute la décoration picturale des intérieurs.

Après la mort du dernier descendant mâle des Vallaise, le château fut vendu, vers la moitié du XIXe siècle, à un commerçant de Turin nommé Giacobini, auquel l’on doit probablement la dernière campagne de restauration. En 1926, le château passa entre les mains de la famille De Bernardi, dernière propriétaire avant la Région, qui vient de l’acquérir. 

La décoration du château illustre parfaitement le goût et la culture d’une famille telle que les Vallaise, qui faisait partie de la noblesse de province du Duché de Savoie au cours du XVIIe siècle.

Du point de vue iconographique, le cycle pictural est particulièrement intéressant, mais il n’a pas encore fait l’objet d’études approfondies, si l’on excepte l’expertise stylistique effectuée par Madame Sandra Barberi. La décoration intérieure semble remonter aux travaux engagés, entre 1660 et 1670, par le baron Félix-Charles-François Vallaise-Romagnano. Ce dernier visait probablement à magnifier sa dynastie, une démarche strictement liée à sa promotion sociale, après qu’il ait convolé en secondes noces avec la fille d’un haut fonctionnaire des États de Savoie. Autre élément intéressant dans les salles du premier étage, une suite de renvois à l’épopée féminine, comme en témoigne l’histoire des héroïnes bibliques Agar et Tamar, ainsi que les fortes femmes dont on retrouve les portraits dans la galerie.

 

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