La restauration : l'ensemble des décorations

Dernier descendant direct de la noble famille des Challant, le comte Vittorio Cacherano Osasco della Rocca-Challant lance vers 1825 une grande campagne de décoration des intérieurs du château.

Les sondages stratigraphiques réalisés sur toutes les parois ont révélé la présence et l’ampleur de cette décoration dans de nombreuses salles du château. Les travaux de restauration effectués sur les enduits ont permis de remettre au jour ces remarquables décorations, qui avaient disparu au fil du temps, cachées sous d’épaisses couches de peinture ou des papiers peints multicolores, témoignages des goûts des différents propriétaires successifs du château. Pour retrouver la vivacité chromatique et la richesse des sujets qui ornaient les salles du château au XIXe siècle, il a fallu éliminer à la main les papiers peints et les strates de peintures à l’aide de racloirs, d’éponges abrasives et de scalpels.

La vapeur d’eau s’est avérée un allié précieux pour décoller les papiers peints et éliminer les résidus de matières organiques. Les matériaux à éliminer ont été ramollis à l’aide du gel d’agarose, un polymère polysaccharide extrait de l’algue Agar Agar, qui permet de maintenir les surfaces humides tout en contrôlant la pénétration de l’eau.

Dans bien des cas, les couches de couleur découvertes après le nettoyage présentaient des lacunes et des nuances différentes. La colle d’amidon utilisée pour fixer les papiers peints et les couches de peinture successives appliquées directement sur les décorations ont gravement compromis la lisibilité et la stabilité de celles-ci.

Heureusement, les traces restées – mêmes si elles ne sont pas en séquence – ont permis aux restaurateurs de reconstituer les décorations des différentes pièces.

Après avoir procédé aux travaux de consolidation nécessaires pour fixer aux murs les zones les plus fragiles des enduits, les grandes fissures et les lacunes ont été comblées avec du mortier de chaux et de la poussière de marbre finement tamisée, afin de reconstituer la surface lisse et compacte du marmorino du XVIIIe siècle.

Toutes les surfaces peintes ont été consolidées avec soin. Après quoi, un travail de réintégration picturale minutieux, jusque dans les moindres détails, a été effectué à l’aide de couleurs d’aquarelle, délayées dans l’eau de chaux et appliquées sur des polychromies aux teintes vives. Les abrasions qui présentaient des traces de couleur et les lacunes ont été retouchées ton sur ton. Les lacunes qu’il était possible de réintégrer, telles que les frises à motifs géométriques, architecturaux et floraux ont été restaurées, ce qui a rendu leur continuité aux bandeaux décoratifs, aux fonds, aux parois et aux plafonds monochromes.

D’autre part, sur la base des traces existantes, les rosaces qui avaient disparu au centre des plafonds en voûte de deux pièces ont été réalisées, en s’inspirant de celles des autres salles.

Au fur et à mesure du travail, ce long et patient « raccommodage » chromatique a révélé de nouveaux détails et des finitions raffinées.

L’intervention de nettoyage a permis de constater que les portes et fenêtres étaient elles aussi de couleurs vives. Elles ont retrouvé leur décoration du XIXe siècle grâce à l’élimination attentive de plusieurs couches de peinture, à l’aide de solvants organiques appliqués avec du gel d’agarose. Les voilages qui, au XIXe siècle, ornaient les volets et les portes-fenêtres sont à nouveau visibles.

Sur les portes intérieures du premier étage, l’on peut à nouveau voir des personnages, des animaux et des paysages, mais aussi des châteaux. Les estampes ont permis de combler les lacunes de la série des châteaux valdôtains et piémontais. 

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